A LA DEMANDE DE LA SOCIÉTÉ TÉLÉMEDEXPERT
La société Télémedexpert, éditrice de la plateforme de téléexpertise Ordoptic, souhaite exercer son droit de réponse à la suite de l’article signé Marc Payet, Optique : la grande machine à cash des ordonnances non conformes publié sur votre site relatif à la télé-expertise en ophtalmologie, et notamment aux propos attribués à M. Vincent Dedes, président du Syndicat national des ophtalmologistes.
Contrairement à ce qui est suggéré, l’activité de télé-expertise telle que pratiquée par Ordoptic ne constitue ni une fraude, ni un détournement des règles médicales, ni un « achat d’ordonnances ».
Une ordonnance établie dans le cadre d’une télé-expertise médicale, lorsqu’elle respecte les conditions prévues par le Code de la santé publique, a strictement la même valeur juridique et médicale qu’une ordonnance issue d’une consultation en présentiel. Le droit positif ne hiérarchise pas les modes d’exercice dès lors que la décision médicale est prise par un médecin, en toute indépendance, sur la base d’éléments cliniques suffisants.
Il est inexact de laisser entendre que les ordonnances seraient délivrées de manière automatique ou sans analyse médicale. Dans le cadre d’une téléexpertise Ordoptic, le médecin demeure seul décisionnaire : il peut refuser de prescrire, demander des examens complémentaires ou orienter le patient vers une consultation présentielle lorsque la situation clinique l’exige. La télé-expertise a précisément pour objet de sécuriser le parcours de soins, non de le contourner.
Le débat mis en avant dans l’article relève plus d’un désaccord sur le périmètre des compétences professionnelles que d’un enjeu de fraude. Une partie de la profession des ophtalmologistes conteste que les opticiens puissent intervenir plus activement dans le parcours visuel, alors même qu’au niveau européen, dans de nombreux États membres, les opticiens et optométristes sont habilités à réaliser des examens visuels permettant d’écarter des pathologies et d’orienter les patients lorsque cela est nécessaire.
La France fait figure d’exception restrictive, ce qui contribue directement aux difficultés d’accès aux soins visuels. Cette situation doit également être appréciée à l’aune de la démographie médicale : la France compte aujourd’hui environ 4 700 ophtalmologistes en exercice. Chaque année, près de 250 praticiens partent à la retraite, tandis que seuls environ 120 nouveaux ophtalmologistes sortent de l’internat. Le solde annuel est donc durablement négatif, aggravant mécaniquement les délais d’accès aux soins.
La télé-expertise s’inscrit précisément dans une logique de réponse à cette pénurie structurelle, sans jamais se substituer au rôle médical lorsqu’un examen clinique approfondi est requis. Elle répond en particulier aux besoins des territoires en situation de désert médical, où les délais d’accès à un ophtalmologiste peuvent atteindre plusieurs mois. Elle permet un dépistage plus précoce des troubles visuels et l’identification rapide des situations nécessitant une prise en charge médicale spécialisée.
Cette approche préventive contribue à préserver la santé visuelle des patients et à limiter le développement de pathologies diagnostiquées tardivement, dont la prise en charge est non seulement plus lourde sur le plan médical, mais également plus coûteuse pour les finances publiques.
Ordoptic tient par ailleurs à souligner qu’elle échange de manière transparente avec les autorités publiques et les instances concernées, y compris avec le SNOF, afin de contribuer à la définition d’un cadre clair, exigeant et sécurisé de la télé-expertise en santé visuelle. Consciente de l’existence de dérives, Ordoptic œuvre précisément à leur prévention, en participant aux travaux visant à mieux encadrer, réglementer et professionnaliser ces pratiques, dans l’intérêt des patients et de la collectivité.
Par ailleurs, l’affirmation selon laquelle ces pratiques représenteraient un coût de « dizaines de millions d’euros » pour la Sécurité sociale repose sur un amalgame factuellement erroné entre le prix de vente des lunettes et la part réellement remboursée par l’Assurance maladie obligatoire.
À titre d’exemple, pour une paire de lunettes vendue 300 €, hors 100% santé, la part de remboursement de la Sécurité sociale (BRSS) pour une monture est de 0,03€, celui pour les des verres simples de 2,74€. Soit 2,77€ de remboursement obligatoire par la sécurité sociale.
Le reste du coût, soit 297,23 €, est pris en charge par les organismes complémentaires et/ou constitue un reste à charge pour le patient. Il est donc inexact d’affirmer que la Sécurité sociale financerait le marché de l’optique : elle n’en supporte qu’une part marginale et symbolique.
Enfin, il convient de rappeler que la télé-expertise visuelle Ordoptic ne donne lieu à aucune prise en charge par l’Assurance maladie. Elle ne coûte donc pas un euro d’argent public, contrairement à certains acteurs du secteur ou à une consultation d’ophtalmologie en présentiel, qui est, elle, financée à la fois par la Sécurité sociale et par les complémentaires santé.
Opposer télé-expertise et qualité des soins constitue ainsi un faux débat. Le véritable enjeu est l’organisation du système de soins visuels, l’accès effectif aux professionnels et la reconnaissance des compétences de chacun, dans l’intérêt des patients et de la santé publique.
Ordoptic agit dans ce cadre, sans fraude, sans automatisation des prescriptions, et dans le respect strict de la réglementation en vigueur.
Dr. Benjamin Finet
Président



